UN ANWLAN PARLE DANS NOTRE AFFAIRE

Publié le par Zegou Seli

                       

 

                               UN ANWLAN PARLE DANS NOTRE AFFAIRE

 

 

 

Il s’appelle Gbeho.  Diplomate de carrière, ancien ministre des affaires étrangères du Ghana. A 71 ans, quelle retraite dorée que celle d’être président de la Commission de la CEDEAO (dont le vrai nom a toujours été CEDE-ADO). A 71 ans, tes camarades passent des jours tranquilles avec leurs petits- enfants et préparent leur rencontre avec Dieu…Eh bien toi Gbeho, tu sautes d’un avion à un autre pour faire le travail de tes maîtres blancs. Eh oui, depuis longtemps, la Françafrique recrute hors de la francophonie. Kwame Nkrumah t’aurait mordu l’oreille…

 

Gbeho est né à Keta, sur les rives de l’Océan Atlantique à quelques encablures de la frontière d’Aflao en allant vers Lomé. C’est le pays des Anlo ou encore Anwlan, grands pêcheurs devant l’Eternel.  Leurs barques à voile ont envahi  les côtes d’Afrique du Gabon à la Gambie de petits villages de pêcheurs. Au Ghana, comme dans bien des pays d’Afrique, chaque groupe ethnique a reçu, un gentil petit surnom que les autres se fort de rappeler quand il le faut et quand il faut faire mal. Au Ghana, les Anwlan et tous ceux qui viennent de la Volta Region ont reçu en héritage l’aimable sobriquet de « Number Nine ». Au pays de Jerry Rawlings et de Kojo Tshikata, le ministre qui marchait toujours pieds nus pour des raisons ésotériques,  le  nom « Number Nine » rappelle  que ces gens sont les dépositaires du gbagbadji, du zangbeto, du gbass ou de toutes les sciences ancestrales du paranormal.

 

On connaît les Anwlan en Côte d’Ivoire. Régulièrement, les peuples lagunaires les accusent de faire des opérations de chirurgie cardiaque sur les enfants pour s’attirer les faveurs des esprits qui règnent sur les eaux. Donc à côté de l’évocation de ces opérations à cœur ouvert censées rendre la pêche propice, le mot Anwlan est devenu dans la langue populaire synonyme  de traître, fourbe, grimacier, dissimulé, ou machiavélique. Autant de noms, prénoms et surnoms pour Gbeho qui a décidé de mettre sa bouche dans notre affaire.

 

Il y a quelques jours du haut de la tribune de la CEDE-ADO, l’honorable et vénérable Gbeho se plaignait du soutien discret que certains Chefs d’Etat de la sous-région apportaient à un Gbagbo qui doit partir, partir, partir à tout prix. C’est devenu la nouvelle incantation des cérémonies de pleine lune à minuit.

 

En des termes peu diplomatiques, le diplomate de carrière a même fustigé l’Afrique du Sud  pour son soutien à un régime qui n’est reconnu que par la communauté…nationale. On ne savait pas qu’à côté de la toute puissante communauté internationale (en réalité binationale), il y avait, il y a une communauté nationale. Il est peut- être temps qu’on en parle, cette communauté nationale. D’ailleurs, cette sortie hasardeuse a valu à Gbeho  de recevoir une épître « gentille et polie » de Blé Goudé.

 

Ah Côte d’Ivoire ma  chérie, tu es tombée comme Ghana ! Gorgui met sa bouche dans ton affaire. Dawa se lève, il dit pour lui. Gbeho met sa gbève  dans nos trucs. Côte d’Ivoire Yako !

 

Et ne dites surtout pas ‘’haut les cœurs !’’. En attendant le mot ‘’cœur’’, l’Anwlan risque de venir nous proposer une intervention chirurgicale à des fins halieutiques. Vous avez le cœur à ça ?

 

Zegou Seli

Publié dans Médiation

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