UN GOLFIEN S’EXILE EN EBURNIE

Publié le par Zegou Seli

 

UN GOLFIEN S’EXILE EN EBURNIE

 

Mais que se passe-t-il exactement au GOLFHOTEL ? Les média occidentaux et les journaux pro-golfiens ne le diront pas, tenus qu’ils sont par une omerta qu’ils monnayent auprès de celui qui a « tout les l’argent de le monde’’ dixit les jeunes filles de Dioulabougou.

On sait maintenant que la chambre froide s’est faite concurrente d’Ivosep, notre quasi-monopole national des services après -vie. On sait aussi que la nourriture continue d’être raffinée sur les tables présidentielles mais que, pour les militants de base et d’en bas, la miche de pain est passée de « une pour deux », à une pour trois puis aux dernières nouvelles, à une pour quatre. On sait aussi l’eau de la piscine a été vidée parce  qu’un élément des Forces Nouvaises sans culture des palaces cinq étoiles a dit à son frère d’armes“ o bé sé ka bo kè !’’. Et la piscine fut copieusement souillée par la soldatesque à laquelle  on refuse l’accès des toilettes feutrées du rez- de- chaussée réservées aux popotins bourgeois.

Mais à côté de ces faits divers de la vie au goulag auto-imposé, la triste réalité c’est qu’un système interne de blocus est organisé et l’on ne prend pas l’hélico woroworo de l’ONULLE sans une autorisation spéciale du Big Boss. Pour tout dire simplement, les gens sont en prison. Maca est mieux, diraient les Abidjanais. Tous les miaulements sur le blocus de Gbagbo, c’est bien beau mais les Golfiens disent à voix basse qu’il faut déjà lever le blocus interne surveillé par une police bilingue (malinké-nouchi)   surexcitée  et dont les méthodes ressemblent à celles de la Gestapo. Pour contourner cet embargo sur la libre circulation des personnes et des informations, un Golfien a creusé sa tête et a eu la lumineuse idée d’inventer une histoire de mère décédée avec toute la mièvrerie, la componction et la compassion qu’une telle perte peut occasionner autour de soi. Ce Golfien, par ailleurs édile en chef de la commune qui abrite le centre des affaires, a enfin réussi à obtenir le laissez-passer ouattarial à condition de se rendre à ces funérailles avec deux gardes de corps choisis au sein de la crème des talibans des Forces Nouvaises. Et bien sûr de revenir. Oui, Prési. Nous lutterons jusqu’au bout. Le trio golfien quitte donc l’hôtel carcéral au son étouffé du maire qui pleure sa mère. Les deux zozos attendris lui passent des mouchoirs jetables. « Patron, tout ça c’est Dié… ».

On arrive donc au domicile où l’on devrait pleurer la mère du maire. Point de bâches. Point de pleureuses. Et l’orphelin de soixante ans  réussit à s’éloigner de sa garde rapprochée pour disparaitre en… Côte d’Ivoire où règne un dictateur impitoyable appelé Gbagbo.

Vous déduisez que les gardes de corps ont tout de suite compris qu’on les mettrait à mort s’ils retournaient bredouille en Golfie. Ils décident eux aussi de disparaitre  en …Côte d’Ivoire où règne un dictateur impitoyable appelé Gbagbo. Dieu merci, pas besoin de visa pour aller de la Golfie en Eburnie. Pas pour le moment …

 

Zegou Seli

 

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