YA BOIN ?

Publié le par Zegou Seli

                                                             

                                                   YA BOIN ?

 

Et revoilà Complicator, celui qui nous facilite la vie. Il y a deux ans, au son des grelots et aux pas de gbégbé, on l’avait fait chef traditionnel avec la tenue de grand apparat de ces  intronisations-là. On le louait, on le louangeait pour l’Accord qui est maintenant entrain de nous APOvrir…Et il revient sans nous expliquer pourquoi il a disparu de la circulation.

Complicator s’est arrangé pour faire partie des Cinq Gars pour Singapour. Et comme un enfant innocent plein de bonnes intentions pour ses beaux-frères que nous sommes, il revient toujours aussi beau, prévenant dans ses manières et prêt à clamer sa neutralité dans cette crise des intérêts français en Côte d’Ivoire. Beau Blaise, ya boin ?

Ce « ya boin », on devrait avant tout l’adresser aux 4 millions de Burkinabé que nous appelons nos frères et qui, depuis au moins 80 ans, têtent avec nous les mamelles nourricières de la Mère Eburnie. Dans cette grande souffrance entre les mains de celui qui aime beaucoup Gbagbo, les Burkinabé sont restés  terriblement silencieux. Un silence encore plus coupable quand Complicator s’active à carrément envoyer des soldats burkinabé maintenant qu’il n’est plus possible d’ecomoguer la Côte d’Ivoire. Où sont donc les Burkinabé de Côte d’Ivoire et ces millions des métis issus de la coopération akissique, que chantent Yodé et Siro et qui sont le témoignage de chair et de sang à la communauté de destin de nos deux peuples.

Complicator est de retour. Médiator est là. Comme ce médicament en France qui a causé près de 2000 morts. Médiateur-Médiator remet le couvert pour nous faire boire l’eau par les narines. Puisque quelqu’un semble lui avoir dit que c’est ainsi que nous faisons. Quand même ! Kima, ton chef arrive. Il pourra t’expliquer pourquoi des millions de citoyens BF n’ont pas le droit de vote dans leur Faso. Mais, nous avons  beaucoup d’autres questions à lui poser.

Les Burkinabés sont où  quand Kima les dilue de façon commode dans un grand flou appelé population CEDEAO. Non, non et non. Il y a les populations CEDEAO (ou CEDE-ADO) et puis il y a vous, nos frères, nos beaux-frères…C’est tellement plus pratique de se fondre dans la masse CEDEAO (synonyme de CEDE-ADO) alors que ce qui nous lie à vous est tellement particulier…Toi Kima, tu es dans le quartier. On se parlera après le départ de Complicator, l’acteur muet et très actif de toutes les violences qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire depuis 12 ans.

Complicator reviendra certainement avec son joli garçon clair sans PG de représentant spécial. Depuis quand nous as-tu quittés ? On avait fini par s’habituer à ta silhouette de gentil facilitateur…Tu es parti quand ? Voilà quelques questions qui vont accompagner le ya boin inquiet, désillusionné que nous souhaitons jeter à la figure de celui qui sait allumer le feu et l’éteindre… ou plutôt feindre de l’éteindre. Gloire au pyromane –pompier !

Auréolé de ses soviétiques 80 %, le maitre ès- sciences françafricaines va revenir nous narguer et comme la souris, il va nous offrir une séance de pédicure –manucure tout en soufflant sur nos doigts de gaous .Tout en soufflant le chaud et le froid. En nous réveillant le matin, après huit ans de sommeil, on se rend compte que, la Souris ne s’est pas contentée de nous ronger les doigts- quel est le travail d’un rongeur ?- mais que…Aie ! Ma mère ! Deux de nos doigts manquent à l’appel. Premier gaou n’est pas gaou. Viens, Complicator, viens seulement...

Une colère sourde monte dans tous les foyers de Côte d’Ivoire, les marchés d’Eburnie, dans les agoras et parlements à ciel ouvert dont l’aventure démocratique a enrichi notre pays  .On rouspète, on râle, on récrimine. Compaoré ici ? Pour dire quoi ? Il ne fera rien, ça c’est connu. Mais pour dire quoi ? Poltrons, disent les Golfiens aux Ivoiriens. Vous avez peur de Blaise comme vous aviez peur de la gentille Ecomorgue .La presse verte et rouge rit à gorge déployée et glapit de voir la Côte d’Ivoire patriotique fulminer. Et comme la presse dans ce pays est libre, libertaire, libertine et liberticide,  on jubile de l’arrivée prochaine de ce kakamou qui était absent quand la distribution de  la honte se faisait au marché de la Création. Alors, on grommelle  de plus belle et l’on crie vers Ouaga en posant la même question : Ya boin ?

On peste, on tempête et on rappelle à Gbagbo que c’est lui seul qui a voulu faire confiance à ce Monsieur. La marche du 5 Février 2011- on n’ose pas le dire- est aussi pour dire à notre propre chef que, pour reprendre les paroles de Béchio, on ne l’a pas élu pour être gentil. Et pour donner un signe fort à son propre chef, les Ivoiriens ont commencé à donner le ton de cette visite des Cinq Gars pour Singapour. Et le Net buzze d’un combat que n’osent pas encore commencer les politiques.

Une image des plus insolites montrent de dos cinq bonz’hommes assis sur leurs kloaba entrain d’exercer le droit inaliénable de vider ses entrailles. On pourra remarquer les ceintures de sécurité qui décorent la taille de tout petit nègre puis la légende assassine : le panel des cinq s’apprête pour Abidjan.

Pire, on montre partout sur le Net toujours des images de Sarcocu entrain lui aussi d’honorer un vase de nuit qui s’appelle Côte d’Ivoire. Ces images ont le mérite de tout dire sans s’encombrer des conventions que nous imposent la pudeur et le savoir-vivre. Sos, on défèque sur nous !

Alors elle monte, elle explose  la colère de la rue abidjanaise et depuis que Sarcocu a dit sur la place publique « casse-toi, pauvre c… », c’est la logorrhée  et la surenchère sémantique…Les espaces de libre expression promettent de tampiriser celui qui nous a vampirisés. Ils promettent d’écrire en grosses lettres ces gros mots moré sur des pancartes afin que de Koudougou à Ziniaré,  on ne se trompe pas, qu’on ne nous trompe plus  et pour dire que les Ivoiriens exacerbés, à défaut de tuer eux –aussi, ont envie de dire «  gnedga ! »

Zegou Seli

 

 

Publié dans Médiation

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